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LES FAQ DE SHABBAT Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

# Je respecte le chabbat, mais j'avoue que ma motivation première est la peur de la mort ; doit on pratiquer par peur ? Je vis seule aussi j'ai passé 25 heures à lire des textes ou à dormir est-ce une façon de vivre le chabbat ?
Je lis beaucoup mais avec un esprit critique, je ne peux avaler tout comme un béni oui-oui. A t-on le droit de critiquer la Torah tout en respectant le chabbat ? Parfois je ne suis pas toujours d'accord avec la rabbin de mon quartier.
Enfin quand je vais à la synagogue un samedi, je suis souvent déçue par le papotage et l'indiscipline, comment peut-on se recueillir ?


# Pourquoi, en été, l'heure d'entrée du chabbat correspond-elle à une tranche horaire ?


# Que signifie le mot "chadaï" ?



# Est-il licite de faire des dons le Chabat en montant à la Tora ou s'entretenir de sujets communautaires à caractère profane ?



# Comment le judaïsme peut-il interdire l’usage de l'électricité le Chabat ou des fêtes, alors qu’à l’époque de Moïse l'électricité n‘existait pas ?

 

 

# Je respecte le chabbat, mais j'avoue que ma motivation première est la peur de la mort ; doit on pratiquer par peur ? Je vis seule aussi j'ai passé 25 heures à lire des textes ou à dormir est-ce une façon de vivre le chabbat ?
Je lis beaucoup mais avec un esprit critique, je ne peux avaler tout comme un béni oui-oui. A t-on le droit de critiquer la Torah tout en respectant le chabbat ? Parfois je ne suis pas toujours d'accord avec la rabbin de mon quartier.
Enfin quand je vais à la synagogue un samedi, je suis souvent déçue par le papotage et l'indiscipline, comment peut-on se recueillir
?


REPONSE :

La peur n'est pas, et ne peut constituer, une motivation religieuse. Si nous accomplissons les mitsvoth c'est afin d'accomplir la volonté de l'Éternel dans la joie de Le servir.
Dans les Pirkey Avoth nous lisons : "Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent le maître pour en tirer un profit (une récompense, ne plus avoir peur, échapper à un jugement, etc.) mais soyez comme des serviteurs qui servent pour ne recevoir aucune récompense, si ce n'est l'accomplissement de la volonté divine." Et nous lisons aussi : "la récompense de la mitsva est la mitsva elle-même, comme la punition d'une transgression est la transgression elle-même."
Bien sûr passer un Chabbat seule, n'est pas très réjouissant. Ne vous est-il pas possible d'aller à la synagogue, de prier avec les fidèles, d'écouter quelques paroles de Torah, de participer à une séouda chlichith où l'on chante des cantiques du Chabbat et où l'on commente la paracha ?
La communauté est une grande famille, vous finirez bien par trouver des sœurs, des amies, pour sortir de votre solitude.
En ce qui concerne la critique des textes, c'est à mon sens la seule manière juive d'étudier, n'acceptez rien comme des dogmes, cherchez le maître qui vous convient, vous n'êtes pas obligée d'adhérer à tous ce qui est dit, l'important est de garder l'étude de la Torah au centre de votre vie. Si vous avez des questions, et que tel rav ne vous apporte pas les réponses qui vous aident dans le service de l'Éternel, posez-les à d'autres rabbins.
Comme dit Élie Wiesel dans l'un de ses livres : "l'importance n'est pas la réponse, mais la question". Pensez à la haggadah de Pessa'h avec les quatre questions des enfants. (Je vous conseille de lire Marc Alain Ouaknin par ex. "Le livre Brûlé", qui traite de la pensée de rav Nahman de Braslaw c'est passionnant !)
En ce qui concerne le bruit à la synagogue, je suis d'accord avec vous, il manque souvent de sérénité, de silence pour la méditation, la concentration. Votre travail consistera alors à réaliser un silence intérieur. Ne vous occupez pas des enfants, des personnes qui parlent. Fixez-vous une place, prenez un livre et priez !





# Pourquoi, en été, l'heure d'entrée du chabbat correspond-elle à une tranche horaire ?

REPONSE :

En été, la limite à ne pas dépasser correspond à l'heure où la plupart des synagogues accueillent le  Chabbat, au-delà de laquelle on ne doit plus travailler, même si le soleil n'est pas couché.
Si la communauté dont on dépend accueille le Chabbat plus tard, on pourra retarder d'autant l'allumage des bougies, mais jamais au-delà de 18 minutes avant le coucher du soleil.


# Que signifie le mot "chadaï" ?

REPONSE :

Chadaï signifie selon le midrash "celui qui a dit stop à son monde" (olam = littéralement le lieu de l'occultation), ce qui signifie la limite au plan de la nature et aussi la limite au niveau de son intervention, puisque la bérith (l'alliance) fonde la liberté humaine). Dans cette logique, la liberté divine s'achève où commence celle de l'homme.



# Est-il licite de faire des dons le Chabbat en montant à la Tora ou s'entretenir de sujets communautaires à caractère profane ?

REPONSE :

À partir de la parole du prophète Isaïe : « Si tu retiens ton pied le Chabat pour ne point vaquer à tes occupations... en ne prononçant point de paroles », la Tradition précise que la parole du Chabbat devra être différente de celle de la semaine. Si pendant six jours, nos propos visent l'aménagement économique de notre environnement, le septième jour sera consacré à la vie religieuse et spirituelle. Cependant le Talmud autorise de s’entretenir de sujets communautaires le Chabbat, (travaux de la synagogue, gestion des deniers du culte, dons pour les oeuvres en montant à la Tora, etc). Le Maharal de Prague écrit à ce sujet :
« car les affaires de la communauté sont les affaires du Ciel et du fait qu’ils constituent des sujets spirituels il est licite d’en parler ».
Pour le judaïsme, s'occuper des affaires terrestres de la communauté c'est déjà avoir la tête dans le ciel.




# Comment le judaïsme peut-il interdire l’usage de l'électricité le Chabbat ou les fêtes, alors qu’à l’époque de Moïse l'électricité n‘existait pas ?

REPONSE :

Attention, le judaïsme n’interdit pas l’utilisation de l'électricité le Chabbat ou les fêtes (puisque l’on peut programmer l’allumage des chambres ou des synagogues, que l’on peut prendre un ascenseur qui s’arrêterait automatiquement à chaque étage ou laisser une plaque chauffante), ce qui est interdit c’est d’agir pour modifier l’état d’un système électrique (passer de 0 à 1 ou de 1 à 0). Évidemment Moïse ne connaissait pas la fée électricité, mais les rabbins agissent, comme dans la majorité des cas, selon le « principe d’analogie ». Ainsi, après avoir étudié le phénomène auprès de spécialistes, ils ont considéré que l’allumage d’une lampe par exemple, était équivalente sur le mode du travail physique, à l’allumage d’un feu.
Ce n’est pas l’effort de production qui est à considérer, mais le résultat obtenu. Le Chabbat ne veut pas dire « repos », mais « cessation », qui implique une différenciation avec les six jours de la semaine.


 
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